Hermann Labou

SALAFEY: partage et échanges sur la littérature de jeunesse

Affiche officielle du SALAFEY / Crédits photos SALAFEY

Décidément, cette  fin d’année 2022  est assez intéressante  pour ce qui est de la littérature de jeunesse au Cameroun. En effet, le SALAFEY (Salon du Livre Africain pour Enfants de Yaoundé),    sera le creuset de  la littérature de jeunesse en Afrique. Dans cet ordre d’idées, ce salon sera  le théâtre des partages et des échanges  divers.

Partage et échanges à travers la co-organisation

Partage de joie entre les acteurs du SALAFEY/ Crédits photos SALAFEY

On a coutume de dire qu’une seule main ne ficelle pas un paquet.  En réalité, pour un partage et des échanges fructueux, la cohérence des parties prenantes est la clé qui ouvre toutes les portes,  même les  plus tenaces. Le SALAFEY est possible grâce au travail conjoint et remarquable de quelques structures.  A l’évidence,  il est impérieux de noter qu’elles  s’activent depuis des années dans la promotion de la littérature  en général et de la littérature de jeunesse en particulier.  On peut citer entre autres l’association HARAMBEE AFRICA  dont la  figure de proue est  Nadine Mekougoum qu’on ne présente plus.  A côté de cette dernière, nous avons la structure ÔNOAN, portée par Ray NDÉBI,  défenseur de l’écriture de qualité au Cameroun et en Afrique, et Pauline ONGONO, qui, entre autres, agit dans la communication axée sur la littérature avec ACOLITT.  Elles ont eu le mérite  de mener des actions de terrain. 

Collaborer avec la cible : Faandou DEFTERE

Echange et partage à travers le projet Faandou Deftere

            Il est  surtout question de toucher la cible à travers le SALAFEY. En effet, il s’agit de collaborer avec les enfants pour transmettre à ces derniers, la réalité du contact avec le livre jeunesse. A travers le concept Faandou DEFTERE,   les organisateurs  ont décidé d’installer dans les coins reculés, des  boîtes à livres.  En réalité, cette louable action a le mérite d’améliorer l’accès aux livres, un véritable casse-tête pour les acteurs de la chaîne du livre en général. C’est en effet une question qui a fait  l’objet de recherches antérieures.   Le   SALIJEY aussi n’était pas en reste concernant cette question.  Au regard de ce qui précède,  il est urgent de saluer des initiatives telles que le SALAFEY. Au-delà de cet événement, il serait aussi intéressant de questionner les perspectives. 

Partage et échanges de perspectives

Partage et échanges de perspectives

Une des plus-values du SALAFEY sera la mise en exergue  de certaines perspectives en rapport avec la littérature de jeunesse en Afrique. En réalité, cela passera par les conférences prévues à cet effet. Si tant est que le train de la collaboration et des échanges en termes de littérature de jeunesse sera lancé, il faudra déjà penser aux différentes escales. Soyez donc de la partie pour en déguster les tenants et aboutissants. Du 16 au 18 décembre 2022 au musée national, l’opportunité sera donnée aux personnes curieuses de présenter toutes leurs interrogations autour du livre jeunesse. Déjà, le thème de cette édition en dit long sur la portée de l’évènement : mon identité. Un proverbe africain nous rappelle d’ailleurs que  lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens.  


SALIJEY 2022 : plusieurs prix et récompenses à remporter…

Affiche du SALIJEY 2022/ crédit image salijey.org

La question des récompenses et des prix en littérature de jeunessse en Afrique a toujours été au centre des préoccupations. Les Éditions Akoma Mba et le comité d’organisation sont à pied d’œuvre pour la première édition du SALIJEY (Salon du livre jeunesse et de la bande dessinée de Yaoundé). Cet évènement majeur se présente comme une opportunité majeure pour les néo-acteurs de la littérature de jeunesse en Afrique et aux Caraïbes. Plusieurs récompenses et distinctions sont d’ailleurs en jeu…

L’épineuse question des prix jeunesse en Afrique

Les auteurs jeunesse en Afrique s’investissent dans les productions tant dans les maisons d’éditions physiques que numériques. La question des prix de jeunesse sur le continent continue de susciter des réflexions et interrogations. Le sujet revient souvent au cours de discussions. Récemment par exemple, l’association Muna Kalati a organisé une conférence numérique sur la question. En substance, les participants ont noté que cette réalité liée à « une insuffisance de prix consacrés à la jeunesse et destinés aux Africains ». L’initiative du SALIJEY est donc par conséquent, une bonne bouée de sauvetage pour l’industrie locale… Surtout, qu’ils ne consacrent que des auteurs et illustrateurs jamais publiés auparavant. En jetant un coup d’œil sur le communiqué de presse d’annonce des prix, on identifie en priorité 03 :

Le prix « Marie Wabbes » du premier livre d’images

Annonce prix « Marie Wabbes » /crédit image salijey.org

La réputation de l’auteure belge n’est plus à démontrer dans le domaine de la littérature de jeunesse. Elle a publié plus d’une centaine de livres pour enfants dans pays, en France ou récemment en Afrique. Mais, le choix par le comité d’organisation de cette personnalité du livre de jeunesse est doublement motivé. En plus de sa riche carrière, Marie Wabbes est avant tout celle qui participé à la création des Éditions Akoma Mba, par son initiative de former plusieurs jeunes illustrateurs en 1994 à Yaoundé. Pour l’éditeur donc, ce dénomination est également une forme de reconnaissance pour l’immensité de son travail en faveur du livre de jeunesse sur le continent africain… et au-delà !

Le prix « Kelly Ntep » de la première bande dessinée

Annonce prix Kelly Ntep/ crédit image salijey.org

Ce prix a le mérite de rendre hommage à Kelly Ntep, ce polyvalent bédéiste camerounais, orfèvre du dessin. Bien qu’il ait été rattrapé par la faucheuse en 2021, c’était un acteur d’exception de la littérature de jeunesse. En effet, ses qualités extraordinaires dans le domaine de la Bande Dessinée lui ont permis d’intégrer l’IFCPA (l’Institut de formation et de conservation du patrimoine audiovisuel). La Bande Dessinée est désormais un domaine en forte expansion en Afrique. Le Prix Nkelly Ntep va davantage susciter chez les jeunes dessinateurs africains, une envie de s’intéresser au monde de la bande dessinée. À ce titre, c’est une autre belle opportunité à saisir. Que le meilleur gagne !

Le prix « viviana Quinones » de la meilleure bibliothèque de jeunesse indépendante

Annonce prix  » Viviana Quiñones  » / crédit image salijey.org

La première édition du  SALIJEY 2022  a aussi pensée aux acteurs des bibliothèques jeunesse. Viviana Quiñones était une bibliothécaire d’exception. Cette dernière depuis des années, a œuvré efficacement dans ce secteur. En outre, elle était une spécialiste de la littérature de Jeunesse d’Afrique et des Caraïbes. En réalité, une formation efficiente des enfants passe par une disponibilité des livres jeunesse. On peut dire qu’elle en a fortement contribué.  En plus, elle  a œuvré au sein de la BNF et de l’IFLA. Aussi, Cette dernière a contribué à la revue Takam Tikou. Les Organisateurs du SALIJEY en créant le prix «Viviana Quiñones» de la meilleure bibliothèque de jeunesse indépendante, veulent mettre en lumière les acteurs qui contribuent (parfois silencieusement) à une meilleure accessibilité des œuvres jeunesse en Afrique et dans les Caraïbes. Par ailleurs, c’est aussi l’occasion de rendre hommage à cette grande dame, au parcours grand comme son amour pour l’Afrique. 

Un prix littéraire a toujours le mérite de booster les créations, la créativité et l’engouement. À ce titre, rendez-vous le 23 décembre 2022 à Yaoundé, à la clôture de la première édition du SALIJEY pour auréoler les différents vainqueurs. Nous sommes déjà impatients !


Festival Kouna : carrefour des imbrications diversifiées ?

Festival Kouna 4ème édition / Crédit image Zébazé

Les acteurs culturels de la Menoua et de ses environs, vous donnent rendez-vous pour le Festival Kouna. Déjà, Cette édition, prévue pour le mois de novembre 2022, sera possiblement historique. A cet effet,  les imbrications inédites seront à l’ordre du jour.

Festival Kouna et imbrication des cultures

La cité du savoir abritera du 21 au 27 novembre 2022 à l’esplanade du Musée des civilisations de Dschang,  la 4ème édition du Festival  Kouna.  Déjà,  cette édition s’annonce électrique au regard de la forte mobilisation des  acteurs politiques et socio-culturels autour dudit évènement. A la vérité, il se pourrait que l’on assiste, dans  moins d’un mois,  à  des imbrications culturelles. D’ailleurs, le maestro de l’évènement, Maffo Lewouh Dr Rachel Sonkin, le  résume en ces termes : «  l’éclectisme dans les cultures, la variété culturelle portée par les communautés que le Festival Kouna Week va drainer. »  Un contenu qui nous rappelle, à certains égards,  le Festival Afropolitain Nomade.  Il se peut que certains pays répondent au rendez-vous.

Imbrication des nations à envisager

Quelques nations attendues au Festival Kouna 2022 /crédit photo M. Zébazé

  L’une  des aspirations  de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine est de voir une  Afrique Unie.   En outre, elle espère  voir  une Afrique dotée d’une forte identité culturelle, d’un patrimoine commun. Fort de cette vision capitale, le Festival Kouna sera le carrefour de rencontre des nations.  A l’évidence, la ville de Dschang sera le creuset de quelques pays africains tels que la RDC, le Tchad, le Gabon, entre autres.  A ce titre,  l’on espère  une osmose à nul autre pareil à travers des échanges diversifiés. Par conséquent, cette dynamique pourrait inspirer les acteurs de cette grande instance régionale qu’est l’Union Africaine.  Par ailleurs, le volet gastronomique sera mis en branle.

Imbrication des mets culturels

des explications plus détaillées sur le concept Kouna lors de l’édition 2021

Quand on parle du Kouna , il s’agit bien évidemment du porc, un animal et surtout une viande très prisée dans la Menoua en particulier. Terme à l’origine péjoratif, il a subi une transformation positive à travers le concept Kouna week. Au-delà de l’aspect culinaire, c’est tout un symbole qui interpelle sur le vivre ensemble et la promotion de la culture camerounaise. Toutefois, on ne saurait faire fi du pan gastronomique. En réalité, qui dit festival dit aussi brassage des mets culturels. Dans cette logique, ceux qui répondront présent  à cet événement, auront le luxe d’assister au Kouna d’Or et master chef . En effet,  c’est une compétition dont le point de mire est de promouvoir les mets locaux. A ce propos,  des compétiteurs auront l’occasion de croiser le fer et d’étendre leur savoir-faire sur la gastronomie camerounaise.  Que le meilleur gagne !

Les regards sont désormais tournés vers le Festival Kouna 2022. Au regard de ce qui précède, il semble indiquer de répondre par l’affirmative au rendez-vous pour engranger des connaissances culturelles. Un proverbe africain nous rappelle justement qu’un homme sans culture ressemble à un zèbre sans rayures. 


ADINKRA: Bonifier la formation des enfants par les oeuvres africaines de jeunesse .

Plateforme Adinkra/ source: https://adinkra-jeunesse.com/

il est nécessaire de bonifier la formation des enfants par les oeuvres jeunesse en Afrique. Adinkra est une plateforme qui contribue dans cette lancée.

 

Le numérique et l’éducation des enfants

Dans un précédent article, nous avons fait état de la recrudescence du numérique. Il est  en effet difficile de vivre en marge d’internet.  Bien que sa fréquence d’utilisation  soit encore faible dans le continent africain,  des efforts sont fournis de part et d’autre pour pallier progressivement cette réalité. Néanmoins, il faudrait toujours trouver le juste équilibre quand il s’agit d’éducation des enfants. En réalité, il n’est pas question de transformer des enfants en prisonniers du numérique.  Il s’agit plutôt de trouver le juste milieu en cultivant chez  eux le sens de la discipline et de la responsabilité. Déjà,  Adinkra est une maison d’édition numérique. Sa mission est de produire  de pertinentes œuvres africaines de jeunesse pour la formation des tout-petits.  

  Pour une meilleure disponibilité  des œuvres africaines de jeunesse

plateforme Adinkra, quelques oeuvres africaines de jeunesse/ Source : https://adinkra-jeunesse.com/

Le problème d’accessibilité et de diffusion des œuvres jeunesse en Afrique est une réalité. En effet, quand bien même des titres alléchants sont connus,  il est parfois difficile de trouver des  livres proprement dit.  C’est à ce niveau qu’intervient Adinkra avec des œuvres jeunesse africaines accessibles dans le format numérique. Comme le remarque la plateforme Djellibah, Armelle Touko, l’associée gérante de cette startup, s’est investie d’une mission louable : divertir la jeunesse par des moyens culturellement pertinents.  A travers un abonnement annuel, les enfants ont donc la possibilité de mieux se former en ayant accès  à des contenus ludo-éducatifs qu’offrent ces ouvrages.

Présentation du livre 12 planches pour expliquer le Corona virus à BBC Afrique

Des activités adaptées à travers les oeuvres jeunesse

Activité de coloriage Picnic du petit lecteur du 16 avril au bois Ste Anasthasie /crédits photos : Adinkra

Il n’est pas seulement question ici d’avoir accès aux livres mais de les utiliser à bonne escient à travers des activités prédéfinies, savamment montées et adaptées aux enfants. Il est dès lors possible d’avoir accès à des jeux et coloriages. De plus, ils concourent à un enrichissement quantitatif et qualitatif des connaissances du tout-petit.  En effet, c’est une démarche qui permet à l’enfant de sortir progressivement de la caverne et d’ouvrir un peu plus son esprit. En parcourant  la plateforme,  il est possible d’entrer en contact avec des quiz qui permettront aux enfants d’engranger plus de connaissances sur les livres qu’ils ont lu.

Présentation de la plateforme Adinkra

Des activités de terrain pour une meilleure formation

Atelier de lecture des oeuvres africaines de jeunesse au groupe Scolaire Bilingue junior/ Crédits photo Adinkra

Dans  une réflexion antérieure nous avons déploré l’absence des cursus de littérature de jeunesse dans les établissements  scolaires en Afrique.  Il saute aux yeux que  les descentes dans les établissements scolaires du personnel d’Adinkra sont une aubaine  pour les enfants.  A l’évidence, les nombreux ateliers de lecture organisés mensuellement permettent de joindre  la théorie à la pratique. Il n’est plus simplement question de confier des livres à des enfants en leur proposant des activités. Plus encore, il s’agit aussi de faire un suivi sur le terrain qui permet d’optimiser les résultats. En outre, sur le plan pédagogique, les enseignants par la même occasion bénéficient de cette approche. Par conséquent, ils peuvent actualiser leur méthode d’enseignement pour le bonheur des enfants.  

Capsule 05 astuces pour amener votre enfant à aimer la lecture, Adinkra

On ne le dira jamais assez, l’Afrique regorge d’un potentiel immense dans divers domaines. La plateforme Adinkra est une startup actuelle qui a le mérite de contribuer favorablement à l’éducation des enfants à travers les livres jeunesse africains. S’il est vrai qu’il faut tout un village pour élever un enfant, Adinkra est une des maisons dudit village. 


(Dé)connexion des enfants aux jeux africains : Les parents et éducateurs vivement interpelés

Depuis l’avènement des multiples jeux vidéo, les enfants se sont progressivement déconnectés des jeux africains. Les parents, éducateurs et responsables des maisons de jeunes devraient en prendre conscience. En outre, l’avènement d’internet n’a fait qu’accentuer la dépendance au numérique.  Ainsi, Il est question à travers les ateliers lecture plaisir à l’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang de remettre au goût du jour ces jeux, pour essayer de reconnecter les enfants africains à leurs réalités propres.

Remettre à jour les jeux africains pour enfants

Selon un proverbe africain, « il faut tout un village pour élever un enfant ». Imprégnées de cette maxime profonde, les familles africaines d’antan avaient développé des stratégies collectivistes pour l’éducation des tout-petits. En effet, un enfant pouvait passer de famille en famille sans difficulté. Déjà, le côté ludique était véritablement pris en compte dans ce processus de formation. A travers des jeux, les enfants renforcent des compétences, notamment le travail en équipe, la solidarité et le vivre ensemble pour ne citer que ces aptitudes.  Or, avec le vent de la mondialisation, l’acculturation a pris des proportions difficiles à contrôler.  L’un des exemples de cette réalité est la disparition lente et progressive de certains jeux africains qui au-delà du ludique sont véritablement éducatifs. Par conséquent, l’Alliance Franco-Camerounaise et l’Association Muna Kalati ont décidé de mettre un point d’honneur sur ces jeux. 

La culture des exercices physiques, inculquée à travers un jeu africain: cas de la cheville

Pratique de la cheville Alliance Franco-Camerounaise de Dschang / Crédits photo: Ange Choumele

A travers les générations, les enfants se retrouvaient entre eux pour passer des moments ludo-éducatifs en pratiquant la cheville. Dans la pratique, on sectionne généralement du caoutchouc sur des roues de voiture pour fabriquer une corde. De plus, cette corde est nouée de façon à former un grand cercle. Ensuite, deux personnes y entrent pour la maintenir tendue. Après quoi une troisième personne, le joueur ou la joueuse se lance et le jeu peut commencer. Déjà, il est impérieux de rappeler qu’il existe différentes variétés. Premièrement, à un stade basique, on peut citer la simple « cheville de piétiné ».  En second lieu, à  un niveau plus élevé, il y a « Cousin et cousine ». Cette deuxième variété selon Adrienne Nguemela, animatrice de jeunesse, monitrice lors des ateliers lectures plaisir à l’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang « permet à l’enfant de sauter, de brûler des calories. » Les enfants qui n’avaient jamais pratiqué ce jeu parce que enchaînés par les tentacules du numérique et des écrans, voudront peu ou prou le répéter une fois à la maison. Avec de la pratique, ils pourront davantage le pérenniser.   

Travailler la vigilance et la vision à travers un jeu africain : le cas du Ndoshi

Le Ndoshi est un autre jeu dont la pratique est de moins en moins régulière dans les rues. Pour jouer, il faut  au préalable fabriquer une balle avec des chaussettes. Déjà, il existe des petites balles sur le marché ayant la dimension d’une grosse orange qui peuvent être utilisées. En réalité, l’objectif de celui qui est au milieu est d’exécuter une série de tâches (classer les babouches, sauter dessus etc…). Simultanément, ce dernier doit éviter d’être touché par la balle qui est lancée à tour de rôle par les deux personnes placées de part et d’autre de la cible. S’il est habile, il peut essayer d’attraper la balle et la jeter le plus loin possible, ce qui lui permet d’avoir un peu de temps pour ranger les babouches. En fait, c’est juste un petit moment de répit après des exercices intenses. Une fois que les lanceurs retrouvent la balle, c’est le retour à la case de départ. Sachons que ce jeu en lui-même  permet de forger certaines aptitudes. A ce propos, l’enfant travaille concomitamment la vigilance, la planification et la vision.

Le jeu de pousse-pion: pour un éveil de l’équilibre et de la stratégie chez l’enfant

Pratique du pousse-pion pendant les ateliers lecture plaisir à l’AFC de Dschang / Crédit photos : Ange Choumele

C’est un jeu qui demande un certain équilibre. Il faudrait savoir qu’il existe  celui de 06, 08 et de 12 cases. Pour le jouer, il faut au préalable tracer la figure sur le sol. L’une des difficultés est  la suspension d’un pied pendant que l’autre s’active à pousser le pion. Il faut aussi éviter que le pied resté au sol ne touche la ligne. L’enfant, en pratiquant, travaille l’équilibre et la stratégie. Avant toute poussée, il est important d’évaluer la position du pied et l’endroit exact où le pratiquant voudrait envoyer le pion. Les enfants pendant les ateliers lectures plaisir se sont particulièrement délectés de ce jeu. Au regard de ce qui précède, il faudrait dès lors réfléchir sur les stratégies pour les pérenniser et même les ressusciter chez les enfants de plus en plus accros aux jeux vidéo.

Au regard de la nécessité de mettre un point d’ancrage sur ces jeux, on ne saurait faire fi du rôle des parents. Étant les premiers éducateurs des enfants, ils doivent créer un cadre favorable. Aussi, ils pourraient faciliter leur pratique en octroyant la permission aux enfants.  Ce n’est qu’à ce titre qu’on observera un regain d’intérêt non seulement pour ces jeux  décrits plus haut mais aussi pour bien d’autres.   


Festival Afropolitain Nomade : pour une légitimation des artistes de talent

Il y a des femmes qui ont de la niaque, qui croient en leur puissance et capacité à déplacer les montagnes. Vanessa Kanga en fait sûrement partie. 

Qui est Vanessa Kanga?

Vanessa Kanga. Crédit photo: René NKOWA

S’il y a une chose à retenir de Vanessa Kanga, c’est qu’il y a une décennie, elle mettait sur pied le festival Afropolitain Nomade. Habitée par les concepts de mouvement et d’itinérance, visionnaire dans l’âme, elle savait déjà, à seulement 25 ans, que ses idées étaient plus vieilles que son âge, mais que ses ambitions se concrétiseraient dans un concept nouveau. Alors, elle n’a ménagé aucun effort pour matérialiser le rêve de créer un festival pluridisciplianire et itinérant sur le continent africain. Autrement dit, elle avait des objectifs très clairs et elle n’a pas fait que rêver… Elle aurait sans doute écouté Denzel Washington pour qui : « Dreams without goals are just dreams » (les rêves sans objectifs ne sont que des rêves). En véritable amazone, Vanessa Kanga conduit son festival d’une main de maître.

C’est quoi le festival Afropolitain Nomade ?

Compétition de danse urbaine. Crédit photo: René NKOWA

Le festival Afropolitain Nomade ce sont des rencontres, un brassage entre artistes de divers horizons. Après avoir franchi l’étape de la rude sélection pour le festival, les artistes se retrouvent dans une ville préalablement choisie par le comité d’organisation. Dans son idéal, Vanessa Kanga voulait une plateforme professionnelle. Celle-ci devait permettre aux artistes de talent dans la musique, et plus tard dans les arts visuels et de la danse (urbaine et patrimoniale) de se mettre en avant. L’aspect nomade, c’est parcequ’elle ne voulait pas se cantonner dans un seul et même lieu. Vanessa Kanga veut favoriser la rencontre et les imbrications artistico-culturelles. Il est important de le dire : bien qu’elle soit camerounaise d’origine, vivant au Canada, il semble que Vanessa Kanga ait une identité afropolitaine. Elle rappelle que : « Afropolitain Nomade est un voyage. » L’ouverture aux autres pays a donc pour objectif la quête d’une compétence internationale qui favorise une légitimité naturelle au festival. Au regard de la pluralité des nationalités lors de cette 8e édition dans la ville de Douala, on comprend davantage le terme « afropolitan », ce concept emprunté à penseur camerounais Achille Mbembe et qui prône l’ouverture à l’autre.  

Reconnecter les afrodescendants à leurs origines

Les mondoblogeur.euses et les artistes antillais au festival Afropolitain Nomade 2022 à Douala Crédit photo: un artiste antillais

Lorsque l’on s’intéresse un tant soit peu à l’identité des artistes, on constate qu’il y a des Antillais. Ce sont des afrodescendants qui, par la force du festival, se sont pour un temps, « libérés d’une sorte de prison culturelle ». En effet, lorsqu’on fait un saut en arrière dans le temps, on se souvient qu’à une certaine époque, au regard du contexte sociopolitique, les artistes haïtiens ne pouvaient jouer des instruments de musique qu’en cachette. Aujourd’hui ils s’en donnent à coeur joie à travers ce festival. Comme des « Mozart » ressuscités, ces artistes ont une faim de loup. Ils veulent tout déchirer en exprimant le talent qui est le leur ! 

Pourquoi valider le festival Afropolitain Nomade

Il ne fait aucun doute qu’en Afrique, les artistes sont bourrés de talent, mais ces derniers manquent de plateforme professionnelle et crédible pour s’exprimer. D’ailleurs, en artiste confirmée qui a fait plusieurs scènes internationales, Vanessa Kanga, alias Veeby, est bien placée pour connaître le sentiment de frustration que peuvent ressentir les talents remarquables qui souffrent d’un manque d’espace ou de scène pour s’exprimer. Le festival Afropolitain, apporte des réponse et du sens en assurant un vrai travail de promotion artistique. Pendant la séance d’échanges avec les mondoblogeurs et mondoblogeuses, Vanessa Kanga a rappelé que Afropolitain nomade est « un festival d’art citoyen » qui place l’artiste talentueux au centre des préoccupations et donne la possibilité à ceux qui ne sont pas connus de l’être.  Si vous en doutiez encore, il est plus que temps de croire et d’adhérer à l’esprit « Afropolitain Nomade » !