Hermann Labou

Les enfants: ces enseignants de l’imagination inconsidérés

enfants en activité/ crédit photo Haibaron sur Pixabay

L’épanouissement des enfants passe par des activités ludiques régulières, c’est très souvent pendant ces moments qu’ils font montre d’une grande capacité d’imagination. Ce qui n’est pas toujours très bien perçu ou compris par les adultes.

De l’enfance à l’âge adulte : l’imagination en perte de vitesse

Un enfant épanoui est très productif durant les moments ludiques.  De fait, il laisse un libre cours à son imagination. Cette compétence a tendance à disparaître au fil des années. Par conséquent, il perd par la même occasion cette faculté à inventer naturellement. 

Parlant de l’enfant, Piaget prétend que « l’imagination aurait pour rôle de combler les lacunes cognitives ; elle serait l’outil privilégié par les jeunes enfants pour expliquer ce qu’ils ne comprennent pas du monde qui les entoure. » Quand les enfants d’hier prennent progressivement de l’âge, ils se dotent de l’intelligence avec l’acquisition de la pensée formelle.  Vouloir désormais soumettre toute idée au crible de la raison ne devient finalement pas un frein à l’imagination  ? 

En réalité, il faut un peu de folie pour pouvoir amener son imagination à un certain niveau, ce qui manque cruellement à beaucoup d’adultes. Toutefois, il y a des exceptions, car les plus grandes inventions du monde ont montré que les inventeurs étaient d’un autre calibre. Néanmoins, ce n’est pas l’apanage de tous. Face à certaines réalisations ou attitudes des enfants, de véritables architectes de l’imagination, les réactions des adultes ne sont pas toujours positives.

Ce qui peut freiner les enfants

D’après l’équipe naitre et grandir, entre 2 et 6 ans, les enfants ont une imagination particulièrement active. Cela se matérialise surtout lorsqu’ils font des activités ludiques et créatives telles que le dessin. En plus, les psychologues ne tarissent pas d’éloge sur la sensibilité des enfants. Ils parlent notamment d’un apprentissage implicite, automatique et spontané pendant les premières années de vie.  S’ensuit la restitution dans un langage qui n’est pas toujours compris par les adultes.  

De fait, beaucoup de parents, et la société en général, font parfois obstacle à l’imagination des enfants. Tout commence par le désir d’imposer la manière de faire. Il y a aussi l’imposition, du respect scrupuleux de la norme sociétale préétablie. Par conséquent, cela génère chez l’enfant un blocage, l’empêchant de laisser libre cours à son imagination. Il s’inscrit dès lors dans un système qui l’amène à vouloir tout faire selon la conduite tracée par la société.

Dans cet ordre d’idées, beaucoup auraient pu faire des découvertes inédites, mais ont fini par se retrouver dans un domaine qui ne leur convient pas. Les exemples de ce type sont légion. Dans les familles, on peut occasionnellement écouter : « Tu ne peux pas faire ça », « Tu es très petit pour réfléchir comme ça », « ce n’est pas de ton âge ».  Bien qu’il soit connu que les personnes âgées sont des détentrices de sagesse au regard du nombre d’années vécues et de l’expérience accumulée, on devrait néanmoins reconnaître que la sagesse ne dépend pas toujours de l’âge, mais de l’attitude face à certaines réalités de la vie. 

Pérenniser l’imagination au fil des générations

En s’inspirant des grands esprits qui ont fait preuve d’une grande imagination pour offrir à l’humanité des inventions et des œuvres hors du commun, de l’enfance à l’état adulte en passant par l’adolescence, ne serait-il pas propice de concevoir un protocole utile à l’humanité ?

Ceci permettrait par exemple de mettre en branle, après des études poussées, le comportement évolutif de ces personnes pendant les différents stades de leur vie. Les chercheurs, historiens et même les psychologues seraient sans doute d’une grande utilité dans cette lancée. 

À titre d’illustration, Einstein pourrait faire l’objet d’une telle étude pour comprendre comment son imagination s’est développée au fil des années et surtout comment a-t-il gardé cette constance à l’âge adulte ?  Les grands penseurs et créateurs de plateformes technologiques pourraient entrer dans le même projet heuristique. Bien qu’il existe déjà des éléments biographiques sur ces derniers, une réévaluation selon la perspective des facteurs d’imagination et de créativité à différents stades d’évolution serait un axe d’analyse. 


Rafael Nadal : la légende du tennis

Depuis que j’ai appris l’annonce de la retraite de Rafael Nadal, je ne pouvais que prendre ma plume, car cette légende a changé ma vie. Dans ce billet, je souhaite rendre hommage à cet homme dont l’héritage va bien au-delà des courts de tennis.

Une passion pour le football

Déjà, le football a toujours occupé une place spéciale dans ma vie. En effet, je suis née dans ce sport et j’ai grandi en le pratiquant comme amateur à travers les championnats du quartier. Ensuite, au niveau universitaire, j’ai pris mon pied en participant à la Coupe du Doyen. Nous sommes d’ailleurs arrivés jusqu’en finale. Aussi, je ne manquais pour rien au monde les grandes rencontres des différents championnats européens, de la Champions League ou encore de la Coupe du monde. Un jour, j’ai entendu parler d’un certain Rafael Nadal.

Ma découverte du tennis

Si j’ai décidé un jour de prendre une raquette et de jouer au tennis, c’est parce que j’ai regardé Rafael Nadal à l’œuvre. Si j’ai commencé à regarder des matchs de tennis, c’était d’abord pour le voir jouer. De fait, sa passion, son coup droit légendaire, son esprit de combativité hors du commun et son humilité m’ont marqué à vie. Par conséquent, il est devenu mon joueur préféré : un mentor. Je célébrais ses victoires de Grand Chelem comme si c’était un membre de ma famille. Au regard de ce qui précède, je pense qu’il a laissé une empreinte indélébile qui transcende son sport.

Hermann Labou en train de pratiquer du tennis au club tennis de Dschang, Cameroun / Crédit photo : Hermann Labou

Au-delà du tennis

Il m’a donné envie de devenir combatif, de travailler dur dans tout ce que je fais. À ce titre, je pense qu’on devrait parler de lui dans toutes les écoles du monde, non pas seulement pour le tennis, mais pour les valeurs qu’il incarne. Ce qui m’a le plus marqué avec cette légende, c’est son humilité. Malgré ses 22 titres de grand chelem et les 14 titres remportés à Roland Garros, la plus grande performance sportive de l’histoire selon moi, il est resté le même. C’est une qualité que l’actuel numéro un mondial, Jannik Sinner, a d’ailleurs mise en avant dans son hommage à l’endroit de Nadal. Pour ceux qui suivent le tennis, ce dernier incarne aussi cette valeur.

Tout compte fait, une légende du tennis va accrocher sa raquette. Rafael Nadal, le roi de la terre battue, restera dans nos mémoires à vie.


Trois mois sans téléphone

Je sais, vous vous posez des questions. Comment a-t-il pu faire trois mois sans téléphone ? Comment communiquait-il ? Est-ce vraiment possible dans un monde hyper numérisé ? J’ai été surpris de pouvoir le faire ; quelles sont les circonstances ayant engendré cette période sans téléphone ? 

Crédit : Iwaria

Pourquoi tout ce temps sans téléphone ?

De fait, mon dernier appareil a rendu l’âme après 6 ans d’utilisation, ce qui est déjà un record pour moi. Malheureusement, je n’ai pas directement eu l’opportunité de m’en offrir un nouveau. Par conséquent, j’ai patienté pendant au moins trois mois. C’était long, inspirant et j’ai beaucoup appris.

La gestion de cette période sans téléphone

D’entrée de jeu, je tiens à vous rappeler que j’avais au préalable installé WhatsApp sur mon ordinateur portable. Ensuite, j’ai utilisé la technologie QR pour lier l’un à l’autre. Je pouvais donc écrire et recevoir des messages personnels et professionnels. Cependant, il n’était pas possible d’effectuer des appels WhatsApp ou des appels tout court. Par ailleurs, j’ai perdu en spontanéité car je ne pouvais pas directement répondre à un message même s’il y avait urgence. Il fallait attendre que je sois connecté à travers ma machine pour pouvoir le faire.  De plus, je ne pouvais pas non plus avoir accès aux messages des opérateurs de téléphonie mobile sauf quand j’introduisais mes puces dans le téléphone de mon épouse. En clair, il n’était pas évident de rester sans téléphone.

Quelques avantages à rester sans téléphone

Sur le plan de la santé, cette période m’a permis d’amenuiser considérablement mon exposition à la lumière bleue de l’écran. Aussi, J’ai pu réduire le taux de stress lié à l’utilisation régulière du téléphone. Dans la même veine, les ondes produites pendant les appels téléphoniques n’étaient plus d’actualité. J’ai aussi eu la possibilité de méditer davantage sur moi-même, ma vie et mes perspectives d’avenir. Sur le plan professionnel, l’absence de cet outil de communication a favorisé la réduction de la distraction durant la réalisation de mes tâches. Sur le plan du bien-être, je me suis reconnecté avec la nature en étant plus attentif aux autres, au vent, aux plantes environnantes entre autres.

À ÉCOUTER

Peut-on vivre sans téléphone portable ? – RFI

Que retenir ?

Déjà, je dois reconnaître que c’est un effort considérable de vivre sans téléphone. A ce propos, il faut rappeler que j’ai reçu pas mal de plaintes des personnes qui ne parvenaient pas à me joindre. Toutefois, c’était une période de réapprentissage des valeurs que nous perdons avec l’ultra présence du numérique autour de nous. Des valeurs telles que l’écoute, l’attention envers l’autre, la solidarité etc.

À LIRE

Vivre sans smartphone, cela donne quoi ? Témoignages…

Tout compte fait, le téléphone a son importance, mais parfois il occupe beaucoup trop de place. Ceci a un impact certain sur notre équilibre. Cette période sans téléphone m’a rappelé que je devrais faire attention. En fin de compte, j’ai pu me procurer un nouveau téléphone. Je devrais néanmoins continuer à travailler pour ne pas être accro. Et vous, quel est votre avis ? Avez-vous vécu une expérience similaire ? Partagez-la en commentaire.


Conférence avec Jacques Bonjawo : un Camerounais qui a côtoyé Bill Gates

Jacques Bonjawo faisant sa présentation à la Conférence/ Crédit photo: Stelly Kengne

Il y a des conférences qui marquent à jamais votre vie. À ce propos, ma journée du 10 janvier 2024 a été tout à fait spéciale. En effet, j’ai vu et écouté Jacques Bonjawo, un camerounais qui a côtoyé Bill Gates. Il nous a proposé des pistes pour le développement de l’Afrique à travers l’intelligence artificielle.

Une grande conférence et une grande découverte

Je ne savais pas que le premier africain à être senior manager à Microsoft était un camerounais. Jacques Bonjawo, puisqu’il s’agit de lui, est un expert des nouvelles technologies et ingénieur en informatique. Au regard de son incroyable talent, il a travaillé pendant près de 10 ans à Microsoft. Il est le cofondateur de Genesis Teclaire et l’un des pionniers en télémédecine. La conférence était une occasion de découvrir sa nouvelle production : Intelligence Artificielle : Une vision Pour l’Afrique. À ce titre, le public, venu nombreux, a dégusté sans modération la note de lecture magistralement présentée par Alexandre Djimeli, enseignant-chercheur et secrétaire particulier du recteur de l’Université de Dschang.

J’étais tout simplement impressionné par le parcours de l’homme. En plus, j’ai appris qu’après son séjour à Microsoft, il a dit non à une proposition de Google car il voulait une expérience différente. C’est pour cette raison que ce dernier a rejoint Genesis en Inde. Les Indiens étaient la deuxième plus grande communauté de Microsoft. Aussi, il a toujours été fasciné par l’honnêteté intellectuelle des Indiens. Notons qu’il y a d’autres points qui ont attiré mon attention.

Développement de l’Afrique à travers l’intelligence artificielle

Il est tout simplement impossible aujourd’hui de faire fi de l’intelligence artificielle (IA). C’est l’imitation de l’intelligence humaine par le biais des outils informatiques. Ce concept consiste à permettre aux ordinateurs d’agir et de penser comme les êtres humains. À ce propos, le conférencier a fait des propositions concrètes dans différents secteurs. De fait, il a dans un premier temps parlé de son importance dans le domaine médical notamment en ce qui concerne l’augmentation considérable du taux de précision lors d’un diagnostic. En outre, il a insisté sur la surveillance médicalisée qui nous fait d’ailleurs penser à la télémédecine, un domaine qu’il affectionne particulièrement. Par ailleurs, dans le secteur hydrique, il est d’avis que l’IA peut favoriser une optimisation de l’eau et résoudre les inégalités dans sa distribution en Afrique.

Pour ce qui est du transport, l’intelligence artificielle pourrait contribuer à la résolution progressive des embouteillages. En dernier ressort, il a parlé du développement de l’entrepreneuriat. À ce titre, il convient de rappeler qu’il a mis sur pied, avec des experts compétents, la structure Ocean Innovation Center. L’une des missions régaliennes est justement d’aider les jeunes porteurs de projets innovants dans le digital, à les convertir en entreprises. Bien que l’IA fait rêver, il n’en demeure pas moins vrai qu’elle pourrait être source de dérives.

Un étudiant pose des questions à Jacques Bonjawo à la conférence/ Crédit photo : Stelly Kengne

Les risques de l’IA

Ce dernier a tenu à attirer l’attention de son auditoire sur les risques liés à l’IA. Déjà, il pense qu’il serait difficile que tout le monde en profite, au regard des inégalités et de la fracture numérique. En complément, il a fait mention du problème de perte d’emploi. À ce propos, il est évident  qu’avec la robotisation des services, les humains pourraient se retrouver au chômage. Toutefois, il a pensé que ces derniers pourraient se reconvertir. Il est donc important de toujours se former pour répondre efficacement aux défis de l’heure.

Ensuite, il a touché du doigt le nerf de la guerre dans le domaine de l’IA : la collecte et la gestion des données. À ce sujet, il pense que les Africains devraient participer à cette collecte pour éviter que des informations erronées circulent sur ces derniers à travers le web. Enfin, il a abordé l’aspect concernant le transfert des technologies, en rappelant que l’Afrique ne devrait pas tout accepter, il faudrait contextualiser et même dompter l’IA et l’africaniser en quelque sorte. Mais comment ? Des investigations futures nous permettront d’apporter d’amples données sur cette question.

Mon sentiment après la conférence

Hermann Labou, représentant de Kabod Group à la conférence, pose une question à Jacques Bonjawo/ Crédit photo : Stelly Kengne

Il faut le dire, c’était une initiative innovante. Elle nous change un peu des conférences qui nous maintiennent dans le passé et place l’Afrique toujours dans une posture de victimisation. Déjà, il faut saluer le caractère visionnaire de l’Université de Dschang. Cette rencontre a augmenté ma motivation pour travailler davantage. J’ai surtout retenu, ce que j’appellerai en mes propres termes, les cinq concepts clés de Jacques Bonjawo : discipline, ténacité, persévérance, patience et honnêteté intellectuelle. A coup sûr, ils me guideront dans la suite de mon parcours.


Muna Kalati et ses ambassadeurs

Programme des ambassadeurs: les ambassadrices sélectionnées de la seconde cohorte / crédit photo Muna Kalati

Top c’est parti pour la seconde cohorte du programme des ambassadeurs de Muna Kalati. Sur 34 postulants, 8 dames ont été sélectionnées. Elles viennent du Cameroun, du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire, du Kenya, de Tunisie et du Togo. Pourquoi ce programme ? Quelles seront les différentes articulations ? Qu’en est-il des perspectives ?

Depuis sa création en 2017, Muna Kalati n’a cessé de mettre sur pied des programmes. Le but de cette association est de susciter le goût de la lecture chez les enfants. Concrètement, l’une de ses missions régaliennes est d’accroître le nombre d’enfants amoureux de la lecture. Ceci explique à juste titre, le programme des ambassadeurs. Il vise à former de nouveaux ambassadeurs qui promouvront l’association dans d’autres pays et ainsi toucher de plus en plus d’enfants. Cette édition s’étendra sur trois mois et prendra fin en février 2024. En plus, elle sera électrique, au regard de l’engouement des ambassadrices et de leurs expériences dans le monde du livre. Ces dernières bénéficieront donc des formations en ligne. Ensuite, on aura la mise en pratique des compétences reçues à travers des activités sous la coordination des coaches savamment choisis. Que dire de la formation ?

De la formation des ambassadeurs

Dans un article précédent, nous avons insisté sur la nécessité de toujours se former. Dans ce sillage, l’association Muna Kalati a trouvé nécessaire d’outiller ces dernières à travers des formations. Ainsi, l’objectif sera d’enrichir leurs connaissances théoriques et pratiques. Pour que cela soit effectif, des formateurs et spécialistes de renom tels que Christian Elongue, Narcisse Fomekong, Acele Nadale pour ne citer que ceux-là seront mis à contribution pour cette mission. Les thèmes de formation sont diversifiés. Nous aurons la gestion des projets, la réalisation d’un podcast. Aussi, l’animation d’une émission littéraire et l’utilisation de l’intelligence artificielle pour la réalisation des activités avec les enfants seront au programme. Rassurez-vous, la liste est loin d’être exhaustive. Après ces formations, l’on pourra dès lors passer à la phase de coaching et réalisation des projets.

Coaching et réalisation des projets

Source : https://unsplash.com/photos/macbook-pro-displaying-group-of-people-smgTvepind4

La seconde partie consistera à la mise en application des compétences acquises. Pour cela, un travail de coaching pour accompagner ces dernières est prévu. En effet, des personnalités telles qu’Agnès Débiage et Kidi Bebey vont accompagner ces ambassadrices. Par conséquent, l’on espère à long terme, voir des projets fleurir autour de l’éducation et l’alphabétisation. Mais aussi autour de l’amélioration de l’accessibilité du livre chez les enfants ayant un handicap. Toutefois, elles ont la liberté de choisir des projets sur lesquels elles souhaiteraient s’investir.

Au-delà du programme des ambassadeurs

Après les trois mois du programme, Muna Kalati ne compte pas en rester là. L’association souhaite constituer un vaste réseau de promoteurs de la lecture en Afrique. Ceci permettra d’atteindre une cible plus vaste. Par conséquent, les ambassadrices de la seconde cohorte vont rejoindre sa communauté des almuni. Elles pourraient ainsi partager leurs activités et actualités. L’on espère qu’avec ces efforts conjugués, dans quelques années, le dégoût de la lecture ne sera plus qu’un triste souvenir. On pourra donc commencer à récolter les fruits car on aura des enfants mieux formés et aptes à prendre leurs destins en main.


Se former tant qu’on respire

Hd Computer WallpapersOffice Credit photo/ https://unsplash.com/s/photos/Online-training

 La formation est impérative dans ce monde en perpétuelle transformation. En effet, l’avènement de l’Intelligence Artificielle et l’actualisation vertigineuse des connaissances ne nous laissent pas le choix.   Si tu veux être un  changemaker, tu n’as pas le choix, tu dois te former.   « tu dors, ta vie dors »,  comme on dit au Cameroun: «  tu dors, ta vie ronfle. »  Tout en partageant mon expérience, je voudrais par la même occasion recommander quelques formations que j’ai suivies ces trois derniers mois. 

Formation en mobilisation des ressources

Certificat de formation/ Crédit photo change the game academy

Il est évident que toute entreprise à but non lucratif doit faire face au casse-tête de la mobilisation des ressources. Pour cela, sur la plateforme Change The Game Academy, nous avons eu la possibilité de suivre  une formation théorique et pratique.  Le responsable des partenariats et de la mobilisation des ressources à Muna Kalati que je suis, une association panafricaine spécialisée dans la promotion de la littérature de jeunesse et des jeux-vidéos africains, se devait d’accroître ses compétences professionnelles. Il était question de se familiariser aux diverses techniques de collecte de fonds, et j’ai appris. À titre d’illustration, nous avons exploré entre autres, le crowdfunding et l’adoption des projets. Aussi, nous avons acquis des connaissances sur les techniques de gestion des bailleurs de fonds. Le tout, sans oublier de plonger dans l’Intelligence Artificielle (IA), omniprésente dans notre vie de tous les jours.

Formation sur l’intelligence artificielle

Certificat de formation/ Crédit Photo linkedin

 L’intelligence artificielle fait plus que jamais partie de notre quotidien. Elle a un impact indélébile dans la plupart des domaines.En outre, sur LinkedIn, j’ai été formé sur l’intelligence artificielle générative. Découvrant ainsi les perspectives de l’IA, son impact sur le milieu professionnel, son éthique et sa responsabilité. Il s’agissait aussi de son fonctionnement et de ses limites. Par ailleurs, nous avons exploré quelques outils tels que Midjourney et Dall-E.

Cela étant, il faut dire que ce parcours a été une expérience inédite. S’il est vrai que l’intelligence artificielle fait grand bruit depuis, notamment l’outil de génération de contenu ChatGPT, nous n’avons toujours pas mesuré son étendue et son impact. Selon une vision futuriste de la formatrice, dans les 15 prochaines années, cet outil aura envahi davantage nos habitudes. Par conséquent, il sera plus difficile de s’en priver. Il faudrait donc être plus créatif, c’est pour cette raison que nous avons pris part à la formation :   creative worshop sur  Acumen Academy

Apprendre sur la créativité

Certificat de formation / Crédit photo Acumen Academy

    Les personnes faisant preuve de créativité ont résolument un coup d’avance sur les autres. À travers ce cours intitulé Creative Workshop, nous avons engrangé un certain nombre de connaissances liées à la créativité. Il s’est aussi agi de la distinction entre un hobby, une profession, une carrière et une vocation. Il s’agit ici des concepts utiles et déterminants pour une meilleure gestion du temps. Pour aller plus loin, il ne faudra plus simplement être un consommateur des connaissances offertes par des outils technologiques et les facilités qu’elles procurent. Il faudra surtout être créatif. Il faudra se poser des questions. Qu’est ce qui me rend unique ? Comment rester compétitif au milieu de ces nouvelles technologies qui prolifèrent ?

Somme toute, nous devons nous forger à travers  à l’acquisition de nouvelles compétences. Car un esprit bien formé a de la valeur, une plus-value  et de l’impact. Ce n’est qu’à ce titre que ses sorties auront de l’intérêt car elles reflèteront le background. En d’autres termes, elles transformeront le monde. N’hésitez pas à publier en commentaire, votre avis sur cette réflexion tout en partageant  une formation en ligne que vous avez  suivie.


FILAB 2023 : trois raisons de rejoindre le festival de la culture béninoise !

Affiche FILAB/ Crédit photo FILAB

C’est bientôt la première édition du FILAB (Festival International de Littérature et des Arts Assimilés* du Bénin) dont le thème sera : Le livre, une arme pour l’équilibre social et la conscientisation de la jeunesse. En effet, du 10 au 12 août, le « quartier latin » d’Afrique abritera un festival d’envergure internationale, au programme prometteur. Il se déroulera à Cotonou au niveau de la bibliothèque Bénin Excellence. Comme vous pouvez le constater sur l’image d’illustration, de nombreuses activités se dérouleront lors de cet évènement. Comment rester de marbre face à une telle invitation ? Comment ne pas être au rendez-vous ? Voici pour vous trois raisons pour répondre massivement « présent » à cette rencontre des cultures divergentes. 

C’est la première édition du FILAB

Qui ne souhaiterait pas entrer dans l’histoire ? La première édition d’un événement a toujours une saveur particulière. A titre d’exemple, en 1930, pour la toute première édition de la coupe du monde en Uruguay, l’une des anecdotes était que l’un des buteurs en finale était manchot ! Et ce n’était que le début d’une grande histoire sportive pleine d’anecdotes…. De la même façon, la toute première édition du FILAB au Bénin nous tend aujourd’hui les mains. En y participant, les différents acteurs qui s’investissent activement cette année pourraient devenir des références, des personnes ressources pour les prochaines éditions, en fonction de leur degré d’implication. Conséquemment, il sera possible, lors de la deuxième édition, de parler avec maîtrise des grands moments et surtout des invités d’exception de la première édition. 

Des invités de marque

Invité FILAB 2023 / Crédit photo FILAB

Pour concocter un délicieux moyo, une sauce originaire du Bénin, il faut des ingrédients spéciaux. Et pour qu’un festival reste gravé dans les mémoires, il faut des invités d’envergure. Dans ce sillage, on peut dire que le comité d’organisation a mis le paquet ! A titre d’illustration, Christian Angoue, auteur (et coauteur) de plusieurs ouvrages sur la réussite et la motivation scolaire foulera le quartier latin d’Afrique. En réalité, plus de 40 invités spéciaux originaires de plus de 20 pays seront présents, avec des profils aussi riches que diversifiés, tout cela pour respirer l’air du festival dans une ambiance conviviale. Il s’agit de personnalités littéraires, politiques et culturelles très connues dans leurs domaines de compétence. Nous ne pouvons malheureusement pas tous les présenter ici, il faudra être du rendez-vous pour les rencontrer. Les amoureux de la découverte ne seront pas déçus !

A la découverte de la culture béninoise

Quand on arrive dans un nouveau pays, il y a toujours d’immenses découvertes. Le FILAB permettra aux invités et à tous ceux qui viendront de loin, de faire corps avec la culture béninoise, de respirer une autre partie de l’Afrique : le Bénin sera à l’honneur. A l’évidence, le festival représente une réelle opportunité de toucher du doigt ce pays et son riche patrimoine culturel. A titre d’illustration, vous aurez à déguster des mets typiques tels que l’igname accompagnée de la viande. Ce sera sûrement délicieux ! En outre, on reconnaît chez les Béninois, une certaine gentillesse et une vraie joie de vivre. C’est une joie qui accompagnera à coup sûr les acteurs du Festival. 

Somme toute, le FILAB sera une occasion inédite de découvrir et de redécouvrir le Bénin ainsi que toute l’Afrique de l’Ouest. Une occasion spéciale d’apprendre à travers les acteurs littéraires, politiques et culturels qui seront au rendez-vous. Tic tac tic tac tic tac…

* « Assimilés » : en référence aux autres arts que la littérature, qui auront aussi toute leur place dans ce festival.


Plagiat: Donc ils m’ont vraiment plagié !

Faut-il encore que je définisse  le mot plagiat ? Je ne pense pas car la plateforme  compilatio  s’en charge avec maestria. Vous voyez,  je viens de dire la plateforme compilatio en partageant un hyperlien. Je ne suis pas allé copier leur définition sans donner la source. Il faut le dire, je suis tombé des nues quand j’ai retrouvé mon article copié intégralement et publié à une date différente sur une autre plateforme.  Ensemble, je  voudrais qu’on analyse la situation . A ce titre, je vais présenter le contexte de rédaction de mon article,  la découverte  du plagiat  et  ma réaction.   

Contexte de production de mon article

Atelier jeu Picnic du petit lecteur/ Crédit photo Adinkra

Dans le cadre de la collaboration entre l’Association Muna kalati et Adinkra,   je me suis rendu à Yaoundé le 10 février 2022. J’ai  pris part à l’activité le Picnic du petit lecteur.  A la suite de ce rendez-vous ludo-éducatif riche en enseignement, inspiré par la prestation de l’artiste conteur camerounais  Grimo, j’ai eu une idée pour un article sur l’éducation à travers le conte. Pour enrichir ce billet, j’ai pris du temps de mener des recherches sur le rôle du conte,  les conteurs africains et sur bien d’autres aspects. Par  la suite, j’ai produit un article. Je me suis fait relire par Narcisse Fomekong, un ami auteur et relecteur d’exception.  Enfin, je l’ai publié en mars 2023.  Un matin, je l’ai retrouvé in extenso sur une autre plateforme sans précision sur la source, le nom de l’auteur ou un lien renvoyant à l’auteur. 

La découverte du plagiat: Viva Google Alert !

Préalablement, j’avais lancé une alerte Google quotidienne sur mes centres d’intérêt. En effet,  ma plateforme mondoblog booster la littérature de jeunesse en Afrique figurait dans mes alertes du jour. J’ai d’abord ressenti une joie en regardant le lien. Je n’en revenais pas, je me suis dit : «  Sérieux que Nouvelles du monde a partagé mon article ? Waouh ». J’ai tout de suite déchanté après l’avoir ouvert. Première remarque inquiétante : la date de publication est le 18 mai. Ensuite, je ne vois aucun lien renvoyant vers la page source et  pour couronner le tout, il n’y a même pas mon nom. J’ai dès lors contacté des personnes ressources. L’un d’eux a confirmé que c’est malhonnête de procéder ainsi en me recommandant de leur écrire pour revendiquer. Par la suite, j’ai contacté l’équipe éditoriale  mondoblog  qui a reconnu que c’est un plagiat. Je suis retourné sur leur plateforme pour essayer de trouver une adresse mail sans succès. J’ai donc pris l’initiative de mettre un message poli en commentaire. 

Ma réaction face au plagiat !

 Au regard de ce qui précède,  j’ai publié un commentaire  le 20  mai 2023 sur mon article posté sur leur page que voici :

« Bonjour à vous, je m’appelle Labou Hermann, je suis l’auteur de cet article. Je vous remercie pour cette politique de partage des publications. Toutefois, je pense qu’il faudrait être précis sur la source de l’article et de l’auteur pour éviter tout soupçon de plagiat. Je l’ai publié sur ma plateforme https://africalitteraturejeunesse.mondoblog.org/  Le 03 mars 2023. Vous avez mis sur votre plateforme le 18 mai 2023, l’on pourrait croire que l’article a été publié ce jour. Par conséquent, je pense qu’il faudrait en plus de l’indication “Booster la littérature de jeunesse en Afrique” que vous avez bien fait de mentionner, il faudrait mettre le nom de l’auteur et préciser la véritable date de publication et même mettre le lien de la page source de l’article.  Cordialement ! » Jusqu’à aujourd’hui je n’ai eu aucun retour. 

Qu’est ce qu’il faut retenir?

De prime abord, il faut  noter que  cette expérience m’a permis de créer une autre catégorie sur ma plateforme mondoblog : «  mes expériences » . Pour être plus sérieux,  un  mondoblogeur avait déjà été victime de plagiat. Il s’est longuement étendu sur la question. Par conséquent, j’écris pour attirer l’attention, pour rappeler et non pour chialer.  D’ailleurs on a coutume  de dire qu’on ne copie que la qualité. En fait, le seul problème ici est la façon de le faire.  A ce propos, la communauté des blogeurs doit être plus vigilante. Heureusement que des outils numériques existent. Si ce n’est déjà fait, ces derniers peuvent créer des  alertes Google sur leurs centres d’intérêt .  En somme, il faut tout de même dire que l’on ne s’amuse pas avec les créations d’autrui. On ne vole pas les œuvres de l’esprit car c’est sacré. A bon entendeur, salut.


Quelques festivals africains et/ou afrodescendants à ne pas manquer

Les amoureux des festivals auront de quoi  se mettre sous la dent en 2023.  L’Afrique, comme à son habitude, sera le théâtre de manifestations diverses. Parmi cette pléthore de manifestations,  trois d’entre elles retiennent particulièrement notre attention. 

Les festivals sont de plus en plus des carrefours d’imbrications des cultures diverses. Déjà, Plusieurs  initiatives de cet ordre,  mobilisent des acteurs des quatre coins du monde. A l’évidence, ces derniers viennent connecter leurs spécificités. Dans cette logique, Nous aurons  le Festival Afropolitain Nomade, le FILAB (Festival International du Livre et des Arts Assimilés du Bénin) et la première édition du hillfestival Kigali.

Le festival Afropolitain Nomade

Affiche Festival Afropolitain Nomade 2023 / Crédit Photo Festival Afropolitain Nomade

C’est un festival qui draine davantage de monde au fil des années. Déjà, l’édition de l’an passé était électrique. Pour cette année, le terme nomade aura encore plus de sens puisqu’il se déroulera dans  deux continents et trois pays : L’Amérique (Le Canada), l’Afrique (Le Maroc, le Tchad). Après la phase du Canada, il traversera l’Océan Atlantique pour l’Afrique, plus précisément en Juin 2023 au Tchad et bouclera son périple en Septembre au Maghreb.

Festival International du Livre et des Arts Assimilés du Bénin

Affiche Festival International du Livre et des Arts Assimilés du Bénin/ Crédit photo FILAB

Toujours en Afrique, les amoureux du livre auront l’opportunité de vibrer au rythme du FILAB.  Du 05 au 12 Août 2023 à Cotonou, les  jeunes vont passer des moments d’échange et de partage avec des acteurs de la chaîne du livre, autour des sujets pointus et diversifiés. Par ailleurs, le côté festif sera assuré par les prestations artistiques, les expositions des œuvres d’arts. Enfin, cette rencontre sera couronnée par des activités touristiques. 

The Hill Festival de Kigali

Un peu plus à l’Est de l’Afrique, un autre festival sera au centre des attentions. Du 04 au 05 Août 2023, le Rwanda sera le théâtre de la première édition du Hill Festival Kigali. L’accent sera mis sur les différentes variétés musicales telles que  le reggae, le hip-hop et les musiques et danses patrimoniales. L’un des objectifs est de mettre sur la même scène des artistes locaux et internationaux. Il faut comprendre que la scène sera une vitrine d’expression des talents musicaux. Pour cela, en répondant présent à ce festival, en dehors de découvrir ce riche pays, vous vivrez des sensations inoubliables. 

Au regard de ce qui précède, l’année 2023 sera riche en émotions. Vous n’avez plus qu’à choisir votre destination  en fonction de vos préférences artistico-culturelles ! L’Afrique vous ouvre ses portes, n’hésitez surtout pas à y entrer.  


Connecter l’enfant au conte

Prestation de conte de l’artiste Grimo au picnic du petit lecteur/ crédit photo Adinkra

Le conte a toujours été une caractéristique de l’Afrique. En effet, de nombreux conteurs, véritables griots, célèbrent ce continent dans sa variété culturelle. Le picnic du petit lecteur, organisé par la structure Adinkra, a permis au conteur Dzou Mbarga, connu sous le nom de Grimo, de captiver l’attention des tout-petits par des stratégies que nous allons présenter dans cette réflexion.  

Le Picnic du petit lecteur est une rencontre ludo-éducative made in Adinkra. La première édition de cette année 2023 s’est tenue le 11 février à Yaoundé, la capitale de Cameroun. Réunis au niveau de l’esplanade du Monument de la Réunification, les enfants ont vécu des instants inoubliables. Au menu des activités figurait le conte, qui a permis à ces derniers de se divertir tout en apprenant. À l’évidence, le griot du jour a eu recours à des techniques précises pour catalyser l’attention des tout-petits. 

L’usage du jeu pour le bonheur des enfants 

Avant d’entrer résolument dans sa prestation, l’artiste Grimo s’est servi du Soali.  C’est un jeu pour enfants chez les Beti, qui était très utilisé par le passé.  Comme l’explique ce dernier,  » il consiste à cacher un petit objet entre les mains d’un participant tout en trompant sa vigilance dans un chant joué « . La particularité de ce jeu est son caractère interactif. En réalité, le jeu est une approche à part entière pour éduquer les enfants.  Par conséquent, la plateforme Lego foundation y travaille activement. Autrement dit, un enfant qui joue développe des capacités précises qui stimulent sa réactivité et lui sera utile dans les autres activités qu’il aura à mener.  En dehors du jeu, le griot a aussi eu recours au chant. 

Les chants en langue Ewondo : Pour une transmission du patrimoine culturel immatériel

Prestation de l’artiste grimo devant les enfants atteints de trisomie 21

Dans l’optique de servir un plat encore plus consistant aux enfants, le conteur n’a cessé de reprendre des chants éducatifs en langue Ewondo. Grâce à ces chants en langue maternelle, ce dernier a eu le mérite d’animer davantage sa prestation. C’est une bonne méthode pour transférer à ces derniers le patrimoine culturel immatériel camerounais.  Dans un contexte où les enfants sont de plus en plus déconnectés de leur culture, c’est une stratégie qui pourrait être plus utilisée dans des centres éducatifs. On a pu le constater, ce mélange de chant et de jeu a donné lieu à une prestation impressionnante.  

Compter sur le conte pour éduquer les enfants

Pour la plateforme Muna Kalati, nous avons réalisé des recherches sur les acteurs de la littérature de jeunesse en Côte d’Ivoire, au Sénégalau Mali et au Togo. Cette étude a permis de constater l’existence de plusieurs conteurs de talent tels que Souleymane Mbodj, Kémado Touré, Ousmane Diarra et Gnimdéwa Atakpama pour ne citer que ceux-ci. L’éducation et la culture sont des secteurs qui devraient davantage interpeller les parents qui veulent donner une éducation plus complète aux enfants.  En 2022, le conteur Inongo-vi-Makome a tiré la sonnette d’alarme en rappelant qu’il faut reprendre l’habitude du conte.  Au regard de sa performance remarquable au Picnic du petit lecteur, l’artiste Grimo a une fois de plus démontré qu’il est un poids lourd du conte au Cameroun pour le jeune public.